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La France, un leader européen de la gestion d’actifs

Avec plus de 4000 milliards d’euros d’actifs sous gestion à fin 2019, la France occupe un rôle prépondérant au sein de l’industrie européenne de la gestion d’actifs. L’Association Française de Gestion (AFG) recense à ce jour plus de 650 sociétés de gestion, généralistes ou spécialistes, parmi lesquelles 4 se classent dans le Top 25 mondial (Amundi, BNP Paribas, Axa et Natixis Investment Managers). Selon l’AFG, plus de la moitié des acteurs français distribuent leurs fonds à l’étranger, tandis que les encours gérés pour des clients non-résidents s’élèvent à plus de 500 milliards d’euros. L’expertise tricolore dans le domaine de la gestion d’actifs est donc reconnue bien au-delà des frontières. 

Une accélération de la distribution de fonds à l’international

L’évolution du cadre règlementaire européen a progressivement ouvert la voie au développement de la distribution des fonds d’investissement à l’étranger, avec une forte accélération ces dernières années. Les Directives UCITS IV (2011) puis AIFM (2013) ont notamment constitué un tournant majeur, les nouvelles législations permettant de favoriser ce mouvement. La Commission européenne poursuit actuellement ses travaux pour éliminer les obstacles qui subsistent.

L’Association Européenne de la Gestion d’Actifs (EFAMA) estime que les ventes de fonds à l’international représentaient environ la moitié du total des ventes de fonds en Europe en 2018 et 2019. Les sociétés de gestion françaises ont su saisir ces nouvelles opportunités commerciales et exploiter de nouveaux relais de croissance, en s’appuyant notamment sur leurs fonds de droit luxembourgeois pour exporter leur savoir-faire. Elles ont également pu bénéficier d’accords de reconnaissance mutuelle, tel que celui signé entre la France et Hongkong à l’été 2017, permettant de faciliter les démarches des gestionnaires d’actifs tricolores en Asie.

Dans ce contexte d’internationalisation croissante, la réputation des acteurs français pourrait cependant pâtir de leur manque d’aisance dans la langue de Shakespeare…

My Franglish is rich

Mieux communiquer en anglais reste en effet un défi important pour les gestionnaires d’actifs français. J’en ai encore fait tout récemment l’expérience ; dans le cadre de la restructuration d’une société de gestion à Paris, j’étais l’interlocutrice des différentes contreparties de marché internationales et avais la responsabilité de répondre à leurs demandes KYC (Know Your Customer) sur la nouvelle entité. À mon grand désarroi, aucun document n’était disponible en anglais : lettre d’agrément de la nouvelle société de gestion délivrée par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), prospectus mis à jour des fonds, statuts, etc. Seuls des documents règlementaires en français étaient mis à disposition des interlocuteurs anglophones ! Un manque d’attention à ce niveau ne présage rien de bon pour la communication stratégique.

Cette singularité française s’explique avant tout par des raisons culturelles. Plus que nulle part ailleurs, le français est profondément ancré dans notre identité et dans la société ; le rayonnement de la langue et de la culture française est indissociable et contribue à la fierté nationale. On observe ainsi une tendance un peu jacobine de la France à se croire le centre du monde. En dehors du système scolaire, les Français ont finalement peu de contact avec l’anglais. Par exemple, les programmes télévisés importés sont systématiquement doublés en français plutôt que sous-titrés et très peu de films sont disponibles en version originale au cinéma. Par ailleurs, les méthodes d’apprentissage de la langue de Shakespeare dans les écoles françaises demeurent inadaptées depuis des décennies, avec une surpondération de la grammaire et de l’écrit, au détriment de la dimension orale. Ajoutons à ce tableau un nombre insuffisant de professeurs de langue maternelle anglaise, un accent souvent très perfectible et une utilisation excessive du français pendant les cours de langue étrangère. J’ai pu personnellement constater l’écart qui nous sépare des autres pays lors de mon expatriation à Hongkong, où mes enfants ont eu la chance de suivre un enseignement de l’anglais radicalement différent.

De l’importance de communiquer dans un anglais parfait

In fine, cette situation aggrave les difficultés des entreprises tricolores pour communiquer avec aisance dans un anglais professionnel. Or, un niveau insuffisant en anglais détériore de manière significative leur image. Les sociétés de gestion françaises sont elles aussi concernées, de surcroît à l’heure de l’accélération de la distribution des fonds à l’international. Plus que jamais, leur communication doit convaincre au-delà des frontières et imposer leur marque dans un environnement hautement concurrentiel.

Dans ce contexte, recourir aux services d’une équipe d’experts anglophones de la communication financière s’avère vite un pari gagnant. Tel est le rôle de Copylab : aider les sociétés de gestion françaises à mieux communiquer en anglais pour renforcer leur crédibilité professionnelle ainsi que leur image à l’international, et cesser de croire que « my Franglish is rich » !

Nathalie Collot
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